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Trahison.
Voilà le mot qui régit ma vie en ce moment. Il s'en empare et se la lance de mains en mains. Je me sens seule. Je suis seule. Ceux en qui je crois me déçoivent de jours en jours. J'ai beau giffler mes larmes, elle ne reviennent que plus fortes et destructrices. J'ai le coeur en miettes, les os en compote et les yeux anéantis. C'est des charlatants, ceux qui m'avaient dit ' viens au monde chérie, tu vas aimer la vie'. Aimer la vie? Dieu que vous êtres cons. Je ne l'aime pas. Pas tout à fait. Et pas vraiment comme il faudrait. Est ce elle qui me rejète ou moi qui n'en veut pas? J'en sais rien. Et je m'en fou. J'suis bonne à interner, loin de tout sur une île déserte enneigée. Nue dans le froid, crève la ma fille dans l'désarroi. Je pensais que pour ceux qu'on aime, il fallait se donner. Mon signe astrologique le dit dans les boules de cristal, je suis passionnée, sentimentale et démonstrative. Ma voyante s'est pas trompée, j'ai beau lutter j'me laisse aller. Je n'suis pas la même amoureuse dans les coulisses que sur la scène. Devant le monde je joue mon rôle, petite fille sage mais pas trop quand même. Papa maman sont fiers, la terre continue de tourner et la vodka ne cesse pas d'ennivrer. Le monde est en réalité tout autre, je n'sais plus où je vais ni avec qui. Les gens jouent de moi dans les coulisses de ma vie. Ils me font tourner en bourrique, c'est qu'elle sature la gamine.



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# Posté le vendredi 16 mai 2008 02:12

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J'ai besoin de vous avouer que je fonce tout droit dans l'impasse.
J'ai découvert des sensations de la vie, qui pour la plupart m'ont rendue instable, déroutée, un peu paumée aussi surement.
C'est juste un peu agaçant, quand j'me préoccupe que de mon moi.
Je le vois quand vous le pensez.
Mais au fond personne n'a jamais saisi que c'est le seul moyen de défense que j'ai pu me procurer.
Personne à part lui.
C'est pour ça qu'il m'a toujours pardonné, lui il sait que j'me brise en deux trois mouvements.
Le temps d'une réflexion blessante. Le temps d'un sentiment envahissant. Le temps d'une blessure qui ressurgit d'on n'sait où.
Il le sait mais aujourd'hui il l'a oublié.
Le pire c'est que j'emmerde les gens avec mon caractère débordant, mais est ce qu'ils saisissent qu'au fond c'est moi qui morfle?
Oui c'est con, malheureux, tout ce que vous voudrez.
Mais moi j'ai rien déclenché.
Je réclame un peu trop d'attention, je chiale pour un oui ou pour un non.
Et puis merde, depuis quand est ce que j'vous obéis, moi? Depuis quand est ce que j'accepte qu'on n'veuille pas de moi?
Je me dois de rester moi. On tente de me changer et ça me rend malade.
J'ai le ventre vide vous comprenez?
Retournez le moi un peu pour voir. Non vraiment, ça n'change rien.
'Y'a un morceau qui vous manque mad'moiselle' m'a dit le médecin. Ah merde c'est pas vrai !
J'y avais pas pensé à ça.
C'est pas tous des cons les médecins en fait. Moi qui croyais qu'ils ne parlent qu'avec le corps à corps, que les sentiments pour eux c'était du blabla.
J'me sens idiote tout à coup, lui il y a pensé et pas moi, la sentimentale passionnée déroutée. Il lui a suffit de m'parler deux minutes et d'm'osculter le bide pour comprendre ça.
J'me connais depuis quinze ans et d'mi, et j'ai même pas saisi qu'il me manquait mon Lui.
Le médecin a sourit, je suis jeune et naïve.
Ca doit lui rappeler une de ses gamines déprimées qu'il a aidé y'a quelques années.
Je n'suis pas heureuse voyez vous. Et par-dessus tout j'ai peur d'être seule.
Je n'veux pas pleurer seule, je n'veux pas crier seule, je n'veux pas courir seule. Plus maintenant.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 02:07

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Le temps se fait lunatique, les cheveux se crispent
sous la violence de la pluie, les doigts jouent dans la
gorge, les oiseaux ne chantent plus. Je dérègle mon
coeur, ça m'prouve qu'au moins je peux toujours le
contrôler. J'me sens comme une horloge qui a perdu
ses aiguilles. Ca sert à rien une horloge sans aiguilles.
C'est inutile, laid, dénué de sens.

Le monde me gave. On s'innonde de connerie. Les journalistes nous annoncent des nouvelles dingues,
sans qu'aucun ressenti ne s'égare de leur voix sûre et bien portante. Une gamine séquestrée et violée par
son père depuis vingt-quatre ans, des nourrissons retrouvés dans des congélateurs, une jeune étudiante suédoise, Susanna Zetterberg, tuée par un chauffeur
de taxi dans lequel elle était montée, à Paris.
La banquise qui fond et qui n's'arrête pas, les gosses esclaves et vendus en Afrique, les chinois complètement fous. Les familles françaises sans foyer, des manifestations nazies en Allemagne. Le jeune collégien français qui poignarde des élèves, les fusillades
trop nombreuses dans les lycées américains, les mannequins qui crèvent d'anorexie.

Le silence se fait lourd, je n'supporte plus d'être seule.
J'ai envie de profiter, profiter de ma vie. Mais elle est souvent trop mal foutue. C'est barge c'qui arrive.

# Posté le jeudi 15 mai 2008 01:27

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__[Margaux est tombée, la pluie la grêle et le vent se sont montrés trop puissants. Peut-être que l'orage n'est que passager, mais après son départ tout le monde se souvient encore des dégâts qu'il aura provoqué.
Ses mots ont foudroyés tout ce qu'il y avait autour d'eux. Tout..sauf eux. Pourtant elle le voit bien qu'ils sont encore en vie. Ils respirent, ils pleurent, ils crient même, ils sourient, ils aiment, ils désirent, ils détestent.
Margaux se dit que les femmes sont toutes trop idiotes. A peine arrivées au monde qu'elles veulent déjà de l'amour, de l'amour, de l'amour. Un bébé sans sa maman pleure son manque de tendresse. Une adolescente en plein chagrin d'amour voit sa vie s'écrouler. Une femme qui se marie en devient obsédée. Une veuve, elle, n'attend que de retrouver l'être aimé.
Margaux quand elle pense à l'amour, elle pense à la dépendance, et à chaque fois qu'elle pense à la dépendance elle pense à lui.
Elle a comme une envie de chialer là. Bouleversée par des paroles insensées, trop profondes pour elle. On ne peut pas tout prévoir. Jamais. Elle n'avait pas prévu de se perdre vous savez. Et maintenant elle a peur d'essayer de se retrouver. Elle risque de voir les failles et les blessures qui se sont approfondies en elle, enfin un truc dans le genre je crois. Et elle ne blablate que sur elle, elle ne pense qu'à elle. Petite égoïste de seize ans bientôt qui développe des défauts qui la dépassent, qui ne parle que d'elle, qui cherche son bonheur aussi peut-être.
On ne voit pas toujours la détresse qu'essaient de nous souffler ceux qui ont mal. Ils le crient pourtant assez fort 'Bordel je souffre'. Margaux elle l'a pas seulement crié, elle l'a gueulé, craché, tailladé. Rien à faire, Margaux ne voit plus le monde, et le monde ne voit plus Margaux. Elle était belle Margaux vous savez.

Et plus tard elle reprendra confiance. Et plus tard elle sourira. Le temps de ne plus se soumettre à l'illusion et aux probabilités que lui infligent sa jeunesse, le temps de ne plus tomber à chaque coup qu'elle se prend. Plus tard arrivera, en attendant Margaux elle vit, elle rit. Elle est belle Margaux, elle est jeune, elle est con, elle est amoureuse. Elle crie mais personne ne la voit.]__



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# Posté le jeudi 15 mai 2008 01:24